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Combattre les violences sexistes et sexuelles, un enjeu syndical

Les violences contre les femmes, employées, ouvrières comme cadres ou privées d’emploi, sont au cœur des inégalités et des processus de domination. Elles prennent de multiples formes : psychologiques, morales, verbales, économiques, physiques ou sexuelles et visent à assigner les femmes à une position d’infériorité, à leur place « naturelle ».

 Les stéréotypes, en naturalisant les inégalités, permettent de normaliser cette hiérarchie, de faire comme si elle était naturellement liée à la différence de sexe des individus.

 

Les violences sexistes et sexuelles sont aussi infligées à toutes celles et ceux qui refusent l’assignation à leur genre et pénalisent les personnes en raison de leurs orientations sexuelles, lesbiennes, gays…, quel que soit le sexe. Si toutes les femmes sont concernées par les violences, les discriminations se cumulent. Une femme d’origine étrangère et/ou handicapée et/ou précaire et/ou lesbienne est plus exposée à la violence et à ses conséquences.

 

Les violences sexistes et sexuelles renforcent les inégalités professionnelles : comment avoir un déroulement de carrière ascendant quand des propos sexistes quotidiens visent à remettre en cause le professionnalisme et à saper toute confiance en soi ? Comment travailler dans un secteur à prédominance masculine quand on ne s’y sent pas en sécurité ? Comment même conserver son travail, et son indépendance économique, quand s’y rendre nous met en danger ? Comment aborder sereinement sa maternité face à des propos et des comportements sexistes au travail ? Que les violences aient lieu dans le cadre professionnel ou privé, la responsabilité de l’employeur est engagée.

 

Et pourtant, les violences sexistes et  sexuel- les sont sous-évaluées,  car  sous-déclarées. Peu de femmes portent plainte, et pour cause. Parmi celles qui portent plainte, seule une minorité obtient gain de cause en justice. C’est pourtant une réalité massive : une femme sur 10 est victime de violences sexuelles chaque année, une sur 3 au cours de sa vie. Au travail, dans les transports, et même à la CGT, les femmes ont toutes des anecdotes personnelles sur le sexisme et les violences sexuelles. Entre propos graveleux, attouchements dans les transports publics, agressions, viols, voire meurtres, les degrés de gravité sont divers. Tous ces actes relèvent du même système de domination, d’emprise, de violence, et le passage d’un niveau à l’autre peut se faire graduellement, dans ce que l’on nomme un « continuum ». C’est un phénomène social massif qui reste tabou et autour duquel il y a un enjeu social et sociétal majeur.

Construire une société égalitaire suppose d’agir aussi bien contre les inégalités au travail que pour faire cesser les violences. C’est la raison pour laquelle, comme le prévoient ses statuts, la CGT lutte contre tout système de domination et contre toutes les discriminations.

 

LA CGT DOIT AVOIR UNE INTERVENTION PARCE QUE LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES :

  • sont au cœur des processus de domination ;
  • ont lieu au travail ou ont une incidence sur le travail ;
  • remettent fondamentalement en cause le droit au travail des femmes, leur liberté, et atteignent leur dignité ;
  • sont une menace sur le travail et les carrières des femmes (refus d’embauche, détérioration des conditions de travail, carrière bloquée, refus de promotion…) ;
  • ont des conséquences désastreuses sur la santé physique et morale ;
  • peuvent aussi avoir lieu dans le cadre du collectif

 

Pour construire l’égalité entre les femmes et les hommes, il faut « lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail et en-dehors, et protéger les femmes victimes de toutes formes de violence. La CGT s’oppose à toute marchandisation des corps et des êtres humains et exige une politique publique de lutte contre le système prostitutionnel. »

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